Le « ñ » est né d'une économie de copistes médiévaux
Espagnol
Un raccourci devenu lettre
En latin, certains mots comportaient un double n : annus, canna. Au Moyen Âge, le parchemin coûte cher et les copistes abrègent en surmontant la lettre d'un petit trait, le tilde, qui signalait la lettre redoublée ou omise.
Le nn abrégé en ñ a fini par désigner un son propre, le n palatal, que le français note gn et l'italien gn également : año, España, mañana.
Le ñ est aujourd'hui une lettre distincte de l'alphabet espagnol, classée après le n dans les dictionnaires. Confondre año (année) et ano est une faute de sens, pas une négligence typographique.
Le même procédé a produit d'autres signes : la cédille française vient d'un z écrit sous le c.
