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FICHES DE RÉVISION · HISTOIRE

La Révolution française (1789-1799) : les dates et les événements à retenir

Des états généraux au coup d'État de Bonaparte, dix ans racontés en vingt et une fiches courtes : ce qui s'est passé, dans quel ordre, et pourquoi chaque date compte encore.

21 fiches · à réviser aussi, une par une, dans l’application gratuite Onetipaday.

Dix ans en dix dates

  • 5 mai 1789 : ouverture des états généraux à Versailles.
  • 20 juin 1789 : serment du Jeu de paume.
  • 14 juillet 1789 : prise de la Bastille.
  • 4 août 1789 : abolition des privilèges.
  • 26 août 1789 : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
  • 10 août 1792 : chute de la monarchie.
  • 21 septembre 1792 : la Convention abolit la royauté.
  • 21 janvier 1793 : exécution de Louis XVI.
  • 27 juillet 1794 : chute de Robespierre, le 9 thermidor an II.
  • 9 novembre 1799 : coup d'État du 18 brumaire.

Trois temps pour s'y retrouver

La Révolution ne suit pas une ligne droite. On la comprend mieux en la découpant en trois moments.

  • 1789-1791, la fin de l'Ancien Régime. Les députés prennent le pouvoir au nom de la nation, abolissent les privilèges et écrivent une Constitution. Le roi reste en place.
  • 1792-1794, la République en guerre. La monarchie tombe, le roi est jugé, et la Convention gouverne par des mesures d'exception : c'est la Terreur.
  • 1795-1799, le Directoire. Un régime plus modéré cherche à stabiliser le pays, jusqu'à ce qu'un général s'en empare.

Les fiches ci-dessous suivent cet ordre. Chacune se lit seule ; ensemble, elles racontent l'histoire d'un bout à l'autre.

FICHE 1

1789 : pourquoi Louis XVI convoque les états généraux

Un royaume à bout de souffle

L'hiver 1788-1789 est rude et le prix du pain s'envole. Pour trouver une issue à la crise, Louis XVI convoque les états généraux : l'assemblée des représentants des trois ordres du royaume, le clergé, la noblesse et le tiers état, c'est-à-dire tous les autres.

Deux mois pour écrire ce qui ne va pas

Avant l'ouverture, dans tout le pays, les habitants rédigent des cahiers de doléances. Celui du village d'Étréchy, daté du 1er mars 1789, tient en 19 articles : suppression de certains impôts, égalité des trois ordres devant l'impôt, liberté du commerce du sel.

598 contre 598

Les états généraux s'ouvrent le 5 mai 1789 à Versailles, salle des Menus-Plaisirs. Ils comptent 1 196 députés : 598 pour le tiers état, 308 pour le clergé, 290 pour la noblesse.

Tout dépend alors du mode de vote. Par ordre, le clergé et la noblesse l'emportent à deux contre un. Par tête, le tiers état pèse exactement autant que les deux autres réunis. C'est ce que réclamait déjà le cahier d'Étréchy : voter « par tête et non par ordre ».

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FICHE 2

17 juin 1789 : des députés se déclarent Assemblée nationale

Six semaines sans avancer

Ouverts le 5 mai, les états généraux butent sur une question préalable : vote-t-on par ordre ou par tête ? Le tiers état refuse de siéger à part.

Un nom qui change la nature de l'assemblée

Le 17 juin 1789, le tiers état, rejoint par 19 députés du clergé, se constitue en assemblée délibérante. Le nom retenu est proposé par le député Jérôme Legrand : Assemblée nationale.

Le mot compte. Ces députés ne représentent plus un ordre face à deux autres : ils affirment représenter la nation. Le pouvoir de décider ne vient plus seulement du roi.

Le clergé bascule

Deux jours plus tard, le 19 juin, la majorité du clergé vote sa réunion au tiers état. Le 9 juillet, l'assemblée précise sa mission en prenant le nom d'Assemblée nationale constituante : elle se donne pour tâche d'écrire une Constitution.

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FICHE 3

Le serment du Jeu de paume : ne pas se séparer sans Constitution

Une porte fermée

Le 20 juin 1789, les députés de la toute nouvelle Assemblée nationale trouvent close la salle des Menus-Plaisirs, où ils se réunissaient. Ils se replient à quelques rues de là, dans une salle du Jeu de paume, l'ancêtre du tennis.

Les mots du serment

Ils y prêtent serment : « Nous jurons de ne jamais nous séparer et de nous réunir partout où les circonstances l'exigeraient », jusqu'à ce que la Constitution du royaume soit établie.

Ce qui vient de changer

Jusque-là, une assemblée n'existait que parce que le roi la convoquait, et cessait d'exister quand il la renvoyait. En jurant de rester réunis où que ce soit, les députés affirment que leur assemblée tient par elle-même. Le lieu n'a plus d'importance : c'est leur réunion qui fait l'Assemblée.

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FICHE 4

14 juillet 1789 : sept prisonniers et un symbole

Une forteresse en plein Paris

La Bastille est une forteresse royale, à la fois prison et arsenal. Depuis des années, elle incarne l'arbitraire : on pouvait y être enfermé sur simple ordre du roi. Le 14 juillet 1789, une centaine d'hommes la gardent, dont des invalides de guerre.

Le bilan de la journée

  • Une centaine de Parisiens sont tués pendant l'assaut.
  • Le gouverneur, de Launay, est tué après la reddition.
  • À l'intérieur, on ne trouve que sept prisonniers, dont quatre faussaires.

« Non, Sire, c'est une révolution »

La tradition rapporte l'échange. Apprenant la nouvelle, Louis XVI aurait demandé : « Est-ce une révolte ? » On lui aurait répondu : « Non, Sire, c'est une révolution. »

Militairement, l'événement est mince. Politiquement, il est immense : pour la première fois, le peuple de Paris a fait plier le pouvoir royal par la force.

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FICHE 5

Le 14 juillet fête-t-il 1789 ou 1790 ?

Un an après, une fête d'unité

Le 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille, Paris organise la fête de la Fédération. La Fayette en est l'organisateur. Sur le Champ-de-Mars, cent mille fédérés venus des 83 départements célèbrent l'union de la nation.

Fête nationale depuis 1880 seulement

Le 14 juillet n'entre dans la loi que près d'un siècle après les faits. C'est le député Benjamin Raspail qui le propose. La Chambre adopte le texte le 8 juin 1880, le Sénat le 29 juin, et la loi est promulguée le 6 juillet 1880.

Une date, deux mémoires

Le 14 juillet réunit donc deux images : celle d'un peuple qui se soulève, en 1789, et celle d'un pays qui se rassemble, en 1790. Ce double sens a aidé des Français aux opinions opposées à se retrouver dans la même date.

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FICHE 6

La nuit du 4 août 1789 : les privilèges tombent en une séance

La peur dans les campagnes

Après le 14 juillet, des rumeurs de brigands se répandent dans les provinces à partir du 20 juillet. Des soulèvements paysans éclatent. À Versailles, les députés s'inquiètent : c'est la Grande Peur.

Ce qui disparaît cette nuit-là

Dans la nuit du 4 août 1789, l'Assemblée vote la fin du régime féodal. Sont visés les justices des seigneurs, l'achat des charges publiques, les privilèges des provinces et des villes. La corvée, la dîme versée à l'Église et le droit de chasse réservé aux nobles sont supprimés sans indemnité.

Ce que les paysans doivent encore payer

L'abolition n'est pas totale. Les droits qui pèsent sur la terre sont déclarés rachetables, et à un tarif élevé : pour en être libéré, le paysan doit dédommager son seigneur.

Il faut attendre le 25 août 1792 pour que ces droits soient abolis sans contrepartie, ce que la Convention confirme le 17 juillet 1793. La « nuit » du 4 août a donc duré quatre ans.

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FICHE 7

La Déclaration des droits de l'homme : dix-sept articles votés en six jours

Une idée lancée début juillet

Le 9 juillet 1789, le député Mounier propose de faire précéder la future Constitution d'une déclaration de droits. Un comité de cinq membres, dont Mirabeau, présente un projet le 17 août. Le préambule et les dix-sept articles sont votés entre le 20 et le 26 août 1789.

Ce que dit le texte

  • Article 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »
  • Quatre droits sont dits naturels : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
  • La souveraineté appartient à la nation, plus au roi.
  • La loi est « l'expression de la volonté générale ».

De 1789 à aujourd'hui

Louis XVI ne ratifie la Déclaration que le 5 octobre 1789. Elle devient le préambule de la Constitution de 1791.

Elle n'a rien d'un souvenir de musée : elle figure parmi les textes que le Conseil constitutionnel fait respecter. Une loi votée aujourd'hui peut être écartée parce qu'elle contredit un article écrit en 1789.

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FICHE 8

5 octobre 1789 : des Parisiennes marchent sur Versailles

La faim comme point de départ

À l'automne 1789, la disette sévit à Paris. Le 5 octobre, quelques milliers de femmes prennent la route de Versailles pour crier leur détresse au roi.

Ce que le roi cède

La pression est politique autant qu'alimentaire. Ce même 5 octobre, Louis XVI ratifie la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, votée depuis plus d'un mois et qu'il n'avait pas encore acceptée.

Le roi quitte Versailles pour de bon

Le lendemain, la famille royale est ramenée à Paris et s'installe au palais des Tuileries. L'Assemblée la suit peu après.

Le changement dépasse le déménagement. À Versailles, le roi vivait à l'écart de la capitale, dans le palais où Louis XIV avait installé la cour. À Paris, il gouverne désormais au milieu d'une ville qui a déjà pris les armes une fois.

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FICHE 9

La fuite à Varennes : le roi perd la confiance du pays

Un départ de nuit

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, Louis XVI et sa famille quittent secrètement Paris. Leur but : rejoindre les troupes restées fidèles à Montmédy, près de la frontière. Le voyage s'arrête à Varennes, où le roi est reconnu et arrêté. Il est reconduit à Paris.

Ce que la fuite révèle

Depuis 1789, le roi acceptait publiquement les réformes. Sa tentative de départ montre qu'il n'y adhérait pas. Pour beaucoup de Français, la preuve est faite : on ne peut pas construire le nouveau régime avec lui.

Avant, après

Avant Varennes, presque personne ne réclamait la République : les députés voulaient un roi encadré par une Constitution. Après Varennes, la confiance est définitivement rompue, et l'idée d'une France sans roi cesse d'être impensable. La monarchie survit encore un an, mais elle ne s'en remettra pas.

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FICHE 10

Olympe de Gouges : « la femme a le droit de monter à la tribune »

Les oubliées de 1789

La Déclaration de 1789 proclame les hommes libres et égaux. La Constitution de 1791 n'accorde pourtant aucun droit politique aux femmes : ni vote, ni mandat.

Une déclaration en réponse

Le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qu'elle adresse à la reine Marie-Antoinette. Elle reprend la forme du texte de 1789 et y fait entrer les femmes.

Son article X résume l'argument : « La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune. » Puisqu'on juge et condamne les femmes comme les hommes, on doit les laisser participer à la loi comme eux.

Une fin tragique, une reconnaissance tardive

Olympe de Gouges prend position contre les violences révolutionnaires. Elle est guillotinée le 6 novembre 1793, pendant la Terreur. Depuis 2016, son buste est installé à l'Assemblée nationale, dans la salle des Quatre-Colonnes.

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FICHE 11

1791 : la France devient une monarchie constitutionnelle

Un roi soumis à un texte

La première Constitution écrite de la France est adoptée le 3 septembre 1791. Louis XVI lui prête serment le 13 septembre. Le pays devient une monarchie constitutionnelle : le roi règne, mais dans les limites fixées par un texte qu'il n'a pas écrit.

Le principe est posé noir sur blanc : la souveraineté « appartient à la nation ».

Qui décide de quoi

  • Une assemblée unique de 745 membres, élus pour deux ans, vote les lois.
  • Le roi garde un veto suspensif : il peut retarder une loi, pas l'enterrer.
  • Le vote est censitaire et réservé aux hommes : seuls les « citoyens actifs », qui paient assez d'impôt, participent.

Moins d'un an de vie

La nouvelle Assemblée législative se réunit le 1er octobre 1791. Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche. Le 11 juillet, la patrie est déclarée en danger. Le 10 août, la monarchie s'effondre. La Constitution, pensée pour durer, n'aura fonctionné que dix mois.

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FICHE 12

La Marseillaise est née à Strasbourg

Une nuit d'avril 1792

La France vient de déclarer la guerre à l'Autriche. À Strasbourg, le maire, Frédéric de Dietrich, demande un chant pour les troupes. Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, un capitaine du génie, Claude-Joseph Rouget de Lisle, l'écrit. Son titre : « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ».

Comment Marseille lui donne son nom

Le chant circule dans le pays. Un bataillon de volontaires marseillais l'entonne en entrant dans Paris en juillet 1792, puis lors de l'assaut des Tuileries, le 10 août. Les Parisiens retiennent le chant « des Marseillais » : le nom reste.

Hymne officiel, trois ans plus tard

Le 14 juillet 1795, la Convention le décrète chant national. Son statut d'hymne est aujourd'hui inscrit à l'article 2 de la Constitution, comme il l'était déjà dans celle de 1946.

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FICHE 13

10 août 1792 : la monarchie tombe aux Tuileries

Un été sous la menace

La guerre tourne mal. Le 11 juillet 1792, l'Assemblée déclare « la patrie en danger ». Le 25 juillet, un texte attribué au duc de Brunswick, chef des armées ennemies, menace Paris de destruction si l'on touche à la famille royale. L'effet est inverse à celui recherché : le roi apparaît comme l'allié de l'envahisseur.

L'assaut du palais

Le 10 août 1792, une insurrection organisée par la Commune de Paris assiège le palais des Tuileries. La famille royale doit quitter les lieux et se placer sous la protection de l'Assemblée.

Suspendu, pas encore déchu

L'Assemblée vote la suspension du roi, mais non sa destitution : elle laisse la décision à une nouvelle assemblée, la Convention, qu'il faut d'abord élire. Le 13 août, la famille royale est enfermée à la prison du Temple.

En trois jours, huit siècles de règne capétien se retrouvent suspendus à un vote.

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FICHE 14

Septembre 1792 : la République commence par une date

Une assemblée élue par tous les hommes

Pour la première fois en France, une assemblée est élue au suffrage universel masculin : plus besoin de payer un impôt pour voter. Mais dans un pays en guerre et en pleine crise, l'abstention approche 90 %. Les 749 élus forment la Convention.

Trois jours qui font un régime

  • 20 septembre 1792 : l'armée française arrête les Prussiens à Valmy.
  • 21 septembre : pour sa première séance, la Convention décrète à l'unanimité que « la royauté est abolie en France ».
  • 22 septembre : elle décide que ses actes seront datés de « l'an premier de la République ».

Une naissance discrète

Aucun grand discours ne proclame la République ce jour-là : elle apparaît dans une formule de datation. Le 25 septembre, un décret la déclare « une et indivisible ». Le second mot figure toujours à l'article premier de la Constitution actuelle.

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FICHE 15

Girondins, Montagnards, Plaine : les trois camps de la Convention

Les Girondins

Menés par Brissot et Vergniaud, ils se méfient du poids de Paris et des mouvements de rue. Ils veulent une République qui s'appuie sur l'ensemble des départements.

Les Montagnards

Robespierre, Danton et Marat en sont les figures, avec Saint-Just et Camille Desmoulins. Ils s'appuient sur le peuple parisien, les sans-culottes, et acceptent des mesures d'exception pour sauver la République en guerre.

La Plaine, ou le Marais

C'est le groupe le plus nombreux. Ses membres, comme Sieyès ou Cambacérès, ne suivent durablement ni les uns ni les autres. Aucune décision ne passe sans eux : celui qui convainc la Plaine gouverne.

Comment l'équilibre se rompt

Le 2 juin 1793, la Garde nationale et les sans-culottes encerclent la Convention. Sous la pression, les députés votent l'arrestation des chefs girondins. Les Montagnards restent seuls aux commandes : la période la plus dure de la Révolution commence.

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FICHE 16

Le procès de Louis XVI : la mort à une voix de majorité

Jugé par les députés

Le 3 décembre 1792, la Convention décide de juger elle-même l'ancien roi. On l'appelle désormais Louis Capet, du nom du fondateur de sa dynastie : une façon de lui retirer tout titre. Le 10 décembre, un rapport retient 33 chefs d'accusation. Le procès s'ouvre le 11 et s'achève le 26 décembre. Trois avocats le défendent : Tronchet, Malesherbes et de Sèze.

Deux votes très différents

Le vote commence le 15 janvier 1793. Chaque député se prononce à voix haute.

  • Coupable ? Oui pour 642 députés sur 718 présents. La question ne divise presque pas.
  • Quelle peine ? La mort sans condition recueille 361 voix sur 721 : la majorité se joue à une voix. En comptant ceux qui votent la mort assortie de conditions, 387 députés se prononcent pour l'exécution.

Le 21 janvier 1793

Louis XVI est guillotiné à 10 h 22, place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Pour les monarchies d'Europe, la France vient de franchir un point de non-retour.

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FICHE 17

La Terreur : quand la République suspend ses propres règles

Une République assiégée

En 1793, la France est en guerre contre une grande partie de l'Europe, et une insurrection éclate en Vendée en mars. Pour la Convention, la République joue sa survie. Elle se donne des pouvoirs d'exception : c'est ce qu'on appelle la Terreur.

Les outils

  • Le Comité de salut public, créé le 6 avril 1793 : neuf membres, puis douze, qui dirigent de fait le pays.
  • La loi des suspects, votée le 17 septembre 1793 : elle permet d'arrêter toute personne tenue pour ennemie de la Révolution.
  • La mobilisation générale des hommes pour l'armée, décidée en août 1793.

La Grande Terreur

Le décret du 22 prairial an II (10 juin 1794) supprime presque toute défense devant le tribunal et ne laisse qu'une peine possible : la mort. En 47 jours, 1 376 condamnés sont exécutés.

Le mot « terreur » n'est pas une exagération d'historien : faire peur aux adversaires de la République était le but affiché.

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FICHE 18

Le calendrier républicain : des mois de 30 jours, des semaines de 10

Repartir de zéro

Pour les révolutionnaires, une ère nouvelle commence avec la République. Ses actes sont datés de l'an I dès le 22 septembre 1792. Le calendrier habituel est aboli le 5 octobre 1793, et un décret du 24 novembre 1793 fixe la version définitive du nouveau.

Comment il fonctionne

  • Douze mois de 30 jours, soit 360 jours.
  • Chaque mois compte trois décades de dix jours : un jour de repos sur dix, au lieu d'un sur sept.
  • Cinq jours de fête ferment l'année, six les années bissextiles.

Des mois qui décrivent la météo

Le poète Fabre d'Églantine invente les noms : vendémiaire pour les vendanges, brumaire pour les brumes, nivôse pour la neige, floréal pour les fleurs, thermidor pour la chaleur. Le mathématicien Romme se charge des calculs.

Douze ans d'existence

Napoléon l'abolit par un décret de septembre 1805, et le calendrier ordinaire revient le 1er janvier 1806. Il en reste des dates que tous les manuels citent encore dans leur forme d'origine.

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FICHE 19

9 thermidor an II : la chute de Robespierre

L'homme le plus puissant de France

Membre du Comité de salut public, Robespierre domine la Convention au printemps 1794. Le 8 juin, il préside la fête de l'Être suprême, grande cérémonie civique dont il est le personnage central. Deux jours plus tard, le décret du 22 prairial durcit encore la répression.

Pourquoi la Convention se retourne

Avec ce décret, plus aucun député n'est à l'abri d'une accusation. Beaucoup craignent d'être les prochains. Des Montagnards et des députés de la Plaine, jusque-là rivaux, s'entendent pour le renverser.

Deux jours

Le 9 thermidor an II, soit le 27 juillet 1794, Robespierre est mis en minorité à la Convention et arrêté avec ses proches. Il est exécuté le 28 juillet, sans procès.

Ce qui s'arrête avec lui

La Terreur prend fin. Les députés qui l'ont renversé, qu'on appelle les thermidoriens, mènent une politique plus modérée et préparent un nouveau régime : le Directoire.

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FICHE 20

Le Directoire : cinq dirigeants pour ne plus avoir un seul maître

La leçon tirée de la Terreur

Les députés qui ont renversé Robespierre veulent rendre impossible le retour d'un pouvoir concentré. La Constitution de l'an III, adoptée le 22 août 1795, compte 377 articles et divise tout.

Un pouvoir coupé en morceaux

  • Le gouvernement est confié à cinq directeurs, qui décident ensemble.
  • Les lois passent par deux assemblées : le Conseil des Cinq-Cents, qui les propose, et le Conseil des Anciens, 250 membres d'au moins 40 ans, mariés ou veufs, qui les adopte ou les rejette.
  • Les députés sont élus pour trois ans et renouvelés par tiers chaque année.

Un vote réservé à quelques-uns

Le suffrage universel de 1792 est abandonné. Le choix final des députés revient à environ 30 000 grands électeurs, parmi les plus aisés.

Une faiblesse de construction

À force de diviser le pouvoir, le régime n'a personne pour trancher quand les directeurs et les assemblées s'opposent. Il se termine le 18 brumaire an VIII par l'intervention d'un général.

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FICHE 21

18 brumaire : Bonaparte referme la Révolution

Un complot venu de l'intérieur

Le coup d'État n'est pas l'œuvre d'un homme seul. L'un des cinq directeurs, Sieyès, veut changer de régime et cherche un général pour l'y aider. Bonaparte, rentré d'Égypte en octobre 1799 auréolé de ses victoires, accepte le rôle.

Deux journées

Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), les deux assemblées sont transférées hors de Paris, au château de Saint-Cloud, sous prétexte d'un complot. Bonaparte reçoit le commandement des troupes.

Le lendemain, les députés résistent. Le frère du général, Lucien Bonaparte, préside alors le Conseil des Cinq-Cents ; l'armée fait évacuer la salle. Le Directoire est supprimé.

Trois consuls, un seul chef

Trois consuls provisoires prennent le pouvoir : Bonaparte, Sieyès et Roger-Ducos. La Constitution de l'an VIII, en décembre 1799, installe le Consulat, avec Bonaparte comme Premier consul.

Dix ans après la Bastille, la France a de nouveau un homme fort à sa tête. On fait d'ordinaire s'arrêter la Révolution à cette date.

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